Informatique Durable

 

 

A l'heure du tout-numérique, dans un monde où l'informatique est désormais présente au quotidien et dans toutes les strates de la société il est important de mesurer l'importance de l'impact des nouvelles technologies sur l'environnement.

Initié par l'association éCohérence, Informatique Durable est un projet visant à informer tant les utilisateurs que les décideurs sur les enjeux, les tendances et l'actualité de ce que l'on nomme d'ores et déjà le Green IT.

 

 

 

 

 

Quand on parle d'informatique durable la première chose qui vient à l'esprit concerne avant tout les aspects essentiellement matériels de l'informatique. On songe notamment, et principalement, à l'aspect énergétique (la consommation d'un ordinateur, de ses périphériques...) ainsi qu'à tout ce qui concerne le recyclage des composants électroniques.

Certes il s'agit là de points tangibles et non négligeables, néanmoins ce serait un peu réducteur que de réduire l'informatique uniquement à son aspect matériel.

Ainsi si l'on adopte une attitude écocitoyenne et responsable vis à vis de l'informatique il faut aussi s'attacher à l'aspect logiciel, la brique essentielle permettant de faire fonctionner tout ce 'beau' hardware.

 

A la base du fonctionnement d'un ordinateur il y a le système d'exploitation, l'OS. Dans ce domaine différents acteurs sont présents que ce soit sur les ordinateurs personnels ou les machines professionnelles. On retiendra notamment Windows (et ses différentes moutures : 2000, XP, Vista, 7...), MacOS et Linux, ce sont là les systèmes d'exploitation les plus répandus sur les ordinateurs personnels mais il y en a encore bien d'autres...

Une informatique durable se conçoit aussi en fonction du système utilisé. Ainsi il faut prendre en compte l'achat de ce système mais aussi le coût d'exploitation et de fonctionnement induit (le fameux TCO, 'Total Cost of Ownership'). Si le système évolue tout les 4 ou 5 ans en nécessitant de couteuses mises à jour, ou si les correctifs de bugs ne sont pas assez fréquents pour pallier aux erreurs et autres manquements constatés qu'en est il de la 'durabilité' d'un tel système ? En fait peut-être que ledit système est bien durable mais qu'il entraine également des dépenses durables... Certes cette notion de TCO n'est peut-être pas très importante pour un particulier mais il faut la considérer sous un autre oeil dans le monde professionnel où le changement ou la mise à jour d'un système sur un parc conséquent d'ordinateurs peut vite se révéler des plus dispendieux.

 

A un autre niveau, et au dessus du système d'exploitation il y a aussi les logiciels que l'on utilise. Comme avec l'OS le recours à des applications propriétaires rend l'utilisateur prisonnier du bon vouloir de l'éditeur du programme. Là encore il est difficile d'envisager une informatique durable quand on est tributaire d'un éditeur aux motivations financières fortes qui risque de cesser le support d'une application quand elle ne lui semblera plus assez rentable. Loin de nous l'idée de vouloir dénigrer le modèle de développement des logiciels propriétaires mais il faut être conscient que ce type de logiciel est quand même peut-être moins pérenne que les logiciels dits 'libres'. Ces derniers, surtout quand il s'agit de projets conséquents, offrent tout de même une stabilité, une durabilité et une sécurité souvent plus importantes. De plus la réactivité face à la correction de bugs est bien plus conséquente.

 

Autre point d'importance, encore plus que le logiciel ou le système d'exploitation ce qui nous semble le plus important dans une approche durable de l'informatique ce sont les formats de fichiers utilisés. C'est peut-être là l'aspect le plus crucial d'une approche durable de l'informatique. Il faut être conscient du fait que lorsque l'on utilise un logiciel et que l'on sauvegarde nos données celles-ci sont enregistrées sous un format spécifique souvent propre à ce programme. Là encore, avec les logiciels propriétaires on risque fortement de dépendre de la bonne volonté de l'éditeur de l'application utilisée. Certes la version N+1 d'un logiciel propose généralement la compatibilité avec les fichiers issus de la version N, mais qu'en est-il de la version N+3 ou N+4 ? Nos fichiers pourront ils être réutilisés dans 10 ou même 5 ans ? Le problème tient en fait aux formats des fichiers, si ces formats restent la propriété d'un éditeur sans être ouverts et documentés on risque fort de ne plus pouvoir utiliser nos propres documents au bout de quelques années...

A l'heure de la dématérialisation et à une époque où l'informatique est devenue incontournable et où la connaissance est de plus en plus stockée sous des formes numériques cette question de la pérennité des documents est vitale. Dans le même ordre d'idée il faut également rester très attentif quand aux procédés de gestion des droits numériques (DRM). Certes ces procédés permettent de protéger des contenus en respectant les droits d'auteur, néanmoins cela se fait le plus souvent au détriment de l'utilisateur. On se retrouve par exemple face à des morceaux de musique (achetés le plus légalement possible) qui ne sont utilisables que sur un type spécial d'appareil, ou alors que l'on ne peut pas copier sur un second appareil appartenant pourtant au même utilisateur. On peut même être confronté à des fichiers effaçables à distance selon la bonne volonté de l'éditeur...

La question des fichiers, et donc des données des utilisateurs nous semble donc cruciale quand il s'agit d'avoir une approche cohérente et durable de l'utilisation de l'informatique, c'est un point souvent négligé vis à vis duquel il faut néanmoins rester le plus vigilant possible.

 

Pour finir ce site s'intéressera également aux usages faits de l'informatique ainsi qu'aux tendances dans le milieu qui pourraient avoir un impact sur la conception et l'approche de l'utilisation de l'informatique à plus ou moins long terme. L'informatique est en effet présente dans toutes les strates de la population et dans de nombreuses activités quotidiennes (téléphonie, télévision, consommation en général etc...) il nous semble donc nécessaire d'en avoir la vision la plus globale possible en essayant de comprendre au mieux les implications qu'elle peut avoir dans nos comportements qu'ils touchent au domaine professionnel ou à la sphère plus personnelle de l'individu.